Les stéréotypes liés au Japon et leurs fonctions logique, pathétique et éthique dans le discours sur les couturiers japonais des médias français

Kyoko Koma

Abstract


Université Paris XII


Cette étude a pour objet une réflexion sur les stéréotypes interculturels utilisés dans la presse écrite française qui parle des couturiers japonais. Dans notre article, nous nous sommes proposée d’étudier les stéréotypes fréquemment utilisés dans les médias, qui touchent au monde de la mode, en particulier, dans deux quotidiens français dont la sensibilité politique est divergente, Libération et Le Figaro. Ces deux journaux présentent la mode proposée par les couturiers japonais à compter des années 80, époque qui correspond à ce qu’on a appelé «l'offensive économique du Japon en Occident». Dans les faits, chacun des journalistes de mode, que ce soit consciemment ou inconsciemment et outre sa sensibilité politique, a recours, semble-t-il, à des stéréotypes à propos du Japon, en particulier celui de la violence. Les stéréotypes interculturels dégagés de notre corpus ont des fonctions argumentatives, qu’on peut ramener aux trois catégorie d’Aristote éthique, pathétique et logique. Ils ont pour but de persuader le lecteur de la spécificité culturelle de la mode présentée par les créateurs japonais à Paris: les stéréotypes sont utilisés non pas pour qualifier les créations des couturiers japonais, mais pour étayer la vision préconstruite du Japon. Une telle approche est sans doute conditionnée par la forte croissance économique japonaise, si souvent évoquée en Occident à cette époque. Un contexte semblable a favorisé, à travers cette mode, la prédominance d’une image du Japon, telle que les Français l’avaient en fait déjà préalablement conçue. On se contente donc de reconduire une image du Japon pré-construite en la durcissant.


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