Taikomoji kalbotyra
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Taikomoji kalbotyra, 15: 123–142 eISSN 2029-8935
https://www.journals.vu.lt/taikomojikalbotyra DOI: https://doi.org/10.15388/Taikalbot.2021.15.10

L’interculturel en classe de langue pour former des médiateurs culturels – analyse de corpus de l’adjectif poli en français et polonais

Agnieszka Dryjańska
Université de Varsovie / University of Warsaw
a.dryjanska@uw.edu.pl

Résumé. Notre étude a pour but d’analyser la notion de politesse à travers la combinatoire lexicale de l’adjectif poli et ses équivalents polonais : grzeczny et uprzejmy – mots chargés culturellement – afin de confirmer et d’élargir les conclusions de nos recherches préalables sur le substantif politesse. L’étude s’inscrit dans une perspective linguistico-didactique ; elle propose une démarche linguistique fondée sur une analyse de corpus pour l’intégrer à la didactique des langues et cultures. La recherche est effectuée sur trois corpus : le corpus de la langue française Frantext, le Corpus national de la Langue polonaise (NKJP) et sur Leipzig Corpora Collection. Dans notre analyse, nous nous référons aux classes de fréquence des trois mots analysés, à l’étude des concordances et des collocations les plus fréquentes en prenant en considération différentes mesures d’association entre deux mots qui cooccurrent. Nous allons aussi étudier des cooccurrences rares qui apparaissent dans les corpus pour découvrir la spécificité de la politesse française dans la perspective contrastive avec la politesse polonaise. En intégrant les résultats de cette analyse linguistique au processus didactique, il est possible d’expliciter les subtilités sémantiques des lexèmes poli, grzeczny et uprzejmy afin d’expliquer pourquoi ils ne se traduisent pas facilement, et qu’à travers une langue étrangère, on peut appréhender des différences culturelles. Cela contribue au développement de l’approche interculturelle en didactique des langues et cultures et à la formation de médiateurs culturels.
Mots-clés: poli; politesse; approche interculturelle; médiateur culturel; analyse de corpus; analyse sémantique; collocations

Intercultural Approach in Foreign Language Teaching and Formation of Cultural Mediators: A Corpus Analysis of the Adjective polite in French and Polish

Abstract. This study aims to analyse the notion of politeness through the collocations of the adjective polite and its Polish equivalents, i.e. grzeczny and uprzejmy, chosen as cultural keywords in order to verify and expand the conclusions of my previous research on the noun politeness. The study has a double perspective. It is based on a linguistic corpus-based analysis of French politeness in a contrastive approach to French and Polish data. Also, the study considers ways of integrating such data into foreign language teaching. The research is carried out on three corpora: the French language corpus Frantext, the National Polish Language Corpus (NKJP) and the Leipzig Corpora Collection. The study includes the analysis of frequency classes of the three words and their most frequent collocations identified on the basis of different measures of association between co-occurring words. By integrating the results of this linguistic approach into language teaching, it is possible to clarify certain semantic subtleties of the words polite, grzeczny and uprzejmy and explain to the learners why these words are not perfect equivalents, or how linguistic analysis reveals cultural differences. Complex approach promoted in this paper may contribute to the development of the intercultural awareness in foreign language teaching and cultural mediation.
Keywords: polite; politeness; intercultural approach; cultural mediator; corpus analysis; semantic analysis; collocations

Copyright © 2021 Agnieszka Dryjańska. Published by Vilnius University Press.
This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution Licence, which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited.

1. Introduction

Une langue, en tant que vecteur de culture, suscite un vif intérêt non seulement des spécialistes de la langue, mais aussi d’autres chercheurs dans les sciences humaines. Une conséquence des relations multilatérales entre les linguistes, les ethnolinguistes, les didacticiens de langue, les sociologues, les philosophes et tant d’autres est l’accroissement du rôle de la médiation et du médiateur en didactique des langues et cultures (DLC). Certes, la dimension interculturelle de l’enseignement/apprentissage des langues « vise à faire de chaque apprenant un médiateur culturel » (Iriskhanova, Röcklinsberg, Ozolina, Zaharia 2003: 109). Cependant, les diplômés de philologie – les professeurs de langue, les interprètes ou les traducteurs – sont ceux pour qui le rôle du médiateur est au cœur de leur métier, d’où une grande importance de cet aspect de leur formation. L’un des éléments qui se prête particulièrement à la formation des médiateurs culturels est la lexiculture (Galisson 1988), non seulement comme une thématique à inclure dans la DLC, mais « comme un principe épistémologique » (Huver 2018). L’intégration des mots chargés culturellement à la DLC est confrontée à différents types de défis dont l’un est lié, paradoxalement, à des mots « facilement » traduisibles comme liberté, patrie ou ami (Wierzbicka 1997). Chacun de ces mots-clés cache pourtant une réalité différente, spécifique à une langue et à une culture, qui ne se transmet pas facilement par une simple traduction. Des tentatives d’explications de la spécificité des mots à charge culturelle ont notamment été entreprises par des ethnolinguistes polonais, notamment A. Wierzbicka (1997) et J. Bartmiński (1993, 2003), mais aussi par J. Abramowicz (1993), A. Kłoskowska (1993) et beaucoup d’autres. Le phénomène de la politesse, désigné par les lexèmes que nous analysons, a aussi suscité l’intérêt de nombreux chercheurs. En polonais, il a surtout été étudié par K. Ożóg (1990, 2001) et A. Żurek (2008), en français par P. Charaudeau (2014) ou O. Galatanu (2018). Toutes ces approches ont un inconvénient : elles sont ancrées dans une culture et dans un système linguistique tout en négligeant la perspective contrastive très importante pour l’apprenant d’une langue étrangère. De plus, elles se réfèrent à des connaissances culturelles très approfondies, ce qui constitue une grande difficulté pour l’apprenant, dont l’objectif est de développer la connaissance d’une culture étrangère tout au long de son apprentissage d’une langue étrangère. Pour remédier à ces enjeux, nous proposons de chercher le sens de mots chargés culturellement et leur place dans la culture à travers une analyse de corpus et la combinatoire lexicale en nous appuyant sur le principe que ce sont les structures langagières qui sont porteuses de sens. C’est une approche qualitative, marginalisée pendant longtemps par les linguistes, qui gagne du terrain surtout dans la linguistique anglophone, mais aussi francophone (Pawlikowska 2012). Elle fournit des données numériques et des méthodes d’analyse pouvant confirmer certaines conceptions linguistiques et permettant de prévoir et de comparer des tendances sémantiques grâce à la découverte des patrons dans les données. C’est la raison pour laquelle nous y recourons en étudiant la notion de politesse. Nous avons cherché des méthodes qui fourniraient des données claires et précises que l’on pourrait intégrer à un cours de langue.

2. Bases théoriques de la recherche

2.1. Médiation en DLC

En DLC, la notion de médiation (inter)culturelle a été discutée depuis les années 1990. M. Byram et G. Zarate, auteurs du terme médiateur culturel, en ont fait une des finalités des formations en langues (Coste, Cavalli 2015). Elle est définie comme « réduction de distance entre deux pôles altéritaires qui se trouvent en tension l’un par rapport à l’autre » (ibidem). Les « pôles » peuvent se référer à des individus ou à des collectivités, mais aussi à des savoirs, savoir-faire ou savoir-être. Ce dernier type de médiation – médiation cognitive – développée au sein des institutions éducatives, est un ensemble d’opérations qui permettent « le travail fondamental de transmission / construction de connaissances et d’appropriation de ce qui est d’abord perçu comme altérité » (ibidem). Notre recherche vise la médiation culturelle, qui passe par la médiation cognitive ; les deux inséparablement liées à la médiation langagière « travaillant les termes, les textes, les genres discursifs » (ibidem), toujours présente en cours de langue.

Comme nous l’avons mentionné dans l’introduction, la médiation didactique s’inspire de concepts philosophiques et sociologiques. Notons donc la parenté entre l’interprétation didactique de la médiation et sa définition philosophique du Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) : « action de servir d’intermédiaire entre un terme ou un être duquel on part, et un terme ou un être auquel on aboutit » (LAL 1968 dans TLFi). E. Huver évoque également ce lien, mais elle va plus loin. Selon cette chercheuse « l’héritage platonicien est au fondement même de la notion de médiation : l’allégorie de la Caverne repose en effet sur l’idée que nos rapports avec le monde ne sont pas immédiats, mais nécessairement médiés, notamment par le langage » (Huver 2018). La médiation serait donc un mécanisme langagier qui sous-tend l’interprétation individuelle de la réalité et tous les contacts avec elle, et, par conséquent, peut conduire à la construction du sens.

J. Caune (1999, 2017) et ses nombreux continuateurs comme M. Gellereau (2011) et G. Gawin (2018) explorent la dimension culturelle de la médiation et sa façon de former le rapport entre un sujet et sa communauté d’appartenance. Or, une communauté d’appartenance devient ambigüe dans le contexte interculturel de la didactique des langues où nous pouvons parler de plusieurs communautés d’appartenances de l’apprenant – au moins de celle de la langue maternelle et de celle de la langue cible. Par conséquent, nous proposons une autre appellation – intercommunauté d’appartenance – une communauté virtuelle et dynamique dont les paradigmes culturels et langagiers surpassent ceux d’une simple communauté monolingue. C’est une communauté où les sens sont en construction permanente grâce à la médiation cognitive et culturelle, c’est pourquoi, en DLC, la recherche du sens est une pratique courante, mais, en même temps, complexe. Le sens des mots peut non seulement être retrouvé dans les définitions dictionnairiques, mais il se cache également dans leurs cooccurrences, collocations et fréquence. En effet, des chercheurs observent qu’« il paraît logique que les lexèmes les plus fréquents désignent les réalités les plus saillantes » (Koselak 2003) et que « le secret de l’extraction du sens des mots réside dans leur cooccurrence » (Dessalles 2019: 59).

2.2. Linguistique de corpus en DLC

« L’emploi de corpus permet d’enseigner tous types de langues, pour peu que l’on soit à même de constituer un corpus informatisé de la langue que l’on souhaite soumettre aux apprenants » (Giuliani, Hannachi 2010). Cependant, des approches fondées sur une analyse de combinatoires lexicales à travers un corpus ne sont pas très fréquemment exploitées par les chercheurs en DLC, bien que des solutions intéressantes aient été proposées, d’abord, par des chercheurs anglophones, et puis par des didacticiens francophones.

En premier lieu, des chercheurs soulignent l’importance du rôle de la combinatoire en DLC en tant qu’élément qui façonne la connaissance lexicale (Anctil, Tremblay 2016[a]). Un autre avantage est l’authenticité des ressources et l’autonomie de l’apprenant, qui, en explorant lui-même un corpus, apprend une langue étrangère de façon inductive (Giuliani, Hannachi 2010). Le milieu anglophone a été particulièrement « prolifique en ce qui concerne la recherche linguistique se basant sur des faits de langue authentiques » (ibidem), ce qui explique son intérêt pour les corpus de texte dans le cadre didactique. Ces concepts s’inspirent des travaux de John R. Firth qui a postulé « une théorie contextuelle du sens basée sur une procédure inductive » (Giuliani, Hannachi 2010). Il est également l’auteur de « nombreux travaux sur la mise au point de vocabulaires pour apprenants prenant en compte le contexte et se fondant sur des analyses de corpus » (Williams 2006). Ensuite, les chercheurs se sont penchés sur la complexité des aspects linguistiques qui se prêtent à cette analyse. Ils étudient des patrons de collocations et de colligations et leur utilité en classe de français (Giuliani, Hannachi 2010, Tremblay 2014, Anctil, Tremblay 2016[b], Frassi 2018) en proposant des démarches fondées sur une analyse de corpus ou dictionnairique. Les chercheurs canadiens O. Tremblay et D. Anctil, agissant dans le contexte interculturel québécois, recourent au dictionnaire Antidote particulièrement riche en exemples de cooccurrences lexicales (Tremblay 2014, Anctil, Tremblay 2016[b]). O. Tremblay (2015) explore des pistes didactiques basées sur une analyse de corpus en étudiant la variation linguistique.

La dimension culturelle de l’emploi de la linguistique de corpus à des fins didactiques a déjà été discutée dans les années 1960. Selon M. Halliday (1966 cité par Ch. Manning, H. Schütze, 1999), une analyse de collocations peut révéler des aspects culturels sous-tendant la cooccurrence de certains mots en anglais, qui doivent être acquis pour parler correctement cette langue. Nous avons éclairci ce problème en présentant la première partie de notre recherche sur le substantif politesse (Dryjańska 2020).

3. Choix de la problématique

D’après notre expérience, l’offre des méthodes de français concernant la notion de politesse est très restreinte et ne se limite d’habitude qu’à quelques formules de politesse et à l’introduction de l’adjectif poli et du substantif politesse, tout en laissant l’apprenant totalement inconscient des nuances sémantiques de politesse et poli en français et polonais, et par conséquent, du rôle de la politesse dans les échanges quotidiens dans les deux cultures. De plus, le recours à des dictionnaires bilingues, soutien traditionnel dans l’enseignement / apprentissage des langues étrangères, fournit quelques équivalents polonais, sans éclaircir pourtant des enjeux sémantiques, ce que nous esquissons dans le tableau ci-dessous. Nous avons surtout exploré des dictionnaires en ligne puisqu’ils sont les plus souvent consultés par les étudiants aujourd’hui.

Les deux sens – concret et abstrait – de l’adjectif poli sont indiqués par le dictionnaire bilingue de K. Kupisz et B. Kielski, Google Traduction et Glosbe. Quant au sens abstrait, il est traduit par grzecz­ny et uprzejmy par six dictionnaires. Pons, l’un des dictionnaires les plus fréquemment utilisés par les étudiants, sans compter le traducteur de Google, traduit poli uniquement comme grzeczny. Étant donné que grzeczny est plus souvent utilisé en polonais dans le sens obéissant, sage (ce que montrera notre étude), la traduction de poli comme grzeczny pourrait suggérer un autre sens plus fréquent de poli. Vu que la consultation dictionnairique peut s’avérer insuffisante, voire trompeuse, nous sommes persuadés qu’il vaut mieux la compléter par une analyse de corpus qui fournit un matériel linguistique authentique et riche qui permet une démarche inductive, stimule une réflexion critique de l’apprenant et développe sa compétence lexicale et interculturelle.

Tableau 1. Adjectif poli – traduction polonaise fondée sur des dictionnaires bilingues

 

Poli - sens concret

Poli - sens abstrait

Dictionnaire bilingue*

gładki, wypolerowany (fr. lisse)

grzeczny, uprzejmy.

Google Traduction

gładki (fr. lisse), wypolerowany, polerowany błyszczący (fr. brillant)

 grzeczny, uprzejmy

Microsoft Bing Traducteur

uprzejmy

Reverso Traduction

uprzejmy, grzeczny, miły (fr. gentil)

Pons Dict. en ligne

grzeczny

Lingea Dict.com

uprzejmy, grzeczny

Glosbe

połysk (fr. luisance), gładki (fr. lisse)

grzeczny, uprzejmy

Sensagent

grzeczny, układny (fr. gracieux), uprzejmy, cywilny (fr. civil), kulturalny (fr. cultivé)

DeepL

polerowany

* « Podręczny słownik francusko-polski » de K. Kupisz, B. Kielski (1983).

Le facteur suivant, qui explique en partie notre intérêt pour la politesse, est le récent accroissement (à partir des années 1990) de la fréquence des mots politesse et poli observé dans les livres disponibles sous Google Books. S’agirait-il d’un plus grand intérêt pour la politesse (en anglais le graphique est similaire), une sorte de retour à la courtoisie, négligée ou rejetée au cours du XX siècle ? Le simple graphique de Google Ngram Viewer, ne suffit pas à répondre à cette question, mais nous incite à des recherches.

Dry_1_pav.png

Figure 1. La fréquence des lexèmes politesse et poli - Google NgramViewer

Une autre motivation de cette étude est l’hypothèse que le recours à des corpus de texte (même parfois celui de Google, que les étudiants consultent normalement dans leurs recherches quotidiennes) leur permettrait de comprendre l’importance des facteurs de fréquence ou de collocation dans la langue qui, d’après notre expérience, ne sont pas suffisamment présentés dans les méthodes de français. Nous citons dans le tableau ci-dessous quelques exemples de problèmes fréquents en cours de français qui peuvent être résolus par une recherche dans un corpus, même dans le « corpus » de Google. Bien que les ressources offertes par Google ne soient pas considérées comme un corpus sensu stricto, il y a des chercheurs qui soulignent qu’elles ont un avantage par rapport à des corpus de texte traditionnels, dits statiques, puisqu’elles reflètent le caractère dynamique de la langue (Lin, Wu, Yu 2012).

Tableau 2. Des exemples de structures employées par les étudiants (les données recueillies le 13.08.2020)

Les options préférées
de mes étudiants (polonais)

Facteur

Les options plus fréquentes
en français

Nous ‘nous rencontrons devant’ le cinéma

Formule recherchée ‘nous rencontrons devant’ – fréquence (Google) 5 320

fréquence

On ’se retrouve devant’ le cinéma – Formule recherchée ’se retrouve devant’ – fréquence (Google) 221 000

On ‘se rencontre devant’ le cinéma

Formule recherchée ‘se rencontre devant’ – fréquence (Google) 3 240

fréquence

On ’se voit devant’ le cinéma

Formule recherchée ’se voit devant’ – fréquence (Google) 173 000

Faire recours (à)

Fréquence (Google) 208 000

fréquence

Avoir recours (à)

Fréquence (Google) 4 690 000

Il a rendu visite à la grand-mère.

Fréquence (Google) 21 800

fréquence

Il a rendu visite à sa grand-mère

Fréquence (Google) 44 100

Dis au père qu’il vienne.

Fréquence (Google) 128 000

Collocation : « Dis au père Noël », L’emploi dans un contexte particulier « Dis au père » + le nom d’un moine, le nom d’un prêtre

collocation

Dis à ton père qu’il vienne / de venir.

Fréquence (Google) 6 100

Dans les quatre premiers cas, nous observons que la fréquence des structures utilisées par les apprenants est plus basse que celle des structures de la troisième colonne, ce qui peut signifier que ces dernières sont des structures plus fréquemment employées dans la communication, donc plus adaptées dans ce contexte. Dans le dernier cas, l’analyse de fréquence est plus difficile à interpréter par les apprenants. Des emplois particuliers ou une forte collocation (père Noël) provoquent une augmentation de la fréquence. Cette observation est importante puisqu’elle sensibilise les apprenants à des défis de l’interprétation des données de corpus.

4. Objectif de la recherche

L’objectif de notre recherche est de fournir aux apprenants des méthodes qui leur permettront de construire le sens de mots en s’appuyant sur des corpus de texte, offrant une vaste gamme de ressources linguistiques authentiques et récentes. L’étude contient deux volets : linguistique et didactique. Premièrement, elle a pour but d’analyser la politesse en tant que notion chargée culturellement en français et en polonais à travers la combinatoire lexicale de l’adjectif poli et ses équivalents polonais : grzeczny et uprzejmy afin de confirmer et d’élargir les conclusions de nos recherches préalables sur le substantif politesse (Dryjańska 2020). Deuxièmement, son objectif est de fournir des observations méthodologiques qui faciliteront le recours à des corpus de texte en DLC, notamment dans le cadre universitaire.

Lors de notre recherche, nous envisageons de répondre aux questions suivantes :

Quelles conclusions sémantiques peut-on tirer de l’analyse combinatoire des adjectifs : poli, grzeczny, uprzejmy ?
Comment la connaissance des différences et des ressemblances sémantiques de ces trois adjectifs contribue-t-elle à la compréhension de la notion de politesse dans la perspective contrastive franco-polonaise ?
Quels types d’analyse (types de collocations, mesures d’association) se prêtent-ils le plus facilement à l’emploi autonome par des étudiants ?
L’analyse de corpus permet-elle d’accentuer l’importance de certains phénomènes linguistiques comme collocation et fréquence d’emploi en DLC, souvent négligés par les méthodes de français ?

5. Données et outils de la recherche

La présente étude est fondée sur trois corpus :

La version équilibrée du Corpus National de la Langue Polonaise (NKJP) comptant 240,192,461 mots et comprenant non seulement des œuvres littéraires, mais aussi des articles de presse et des textes d’Internet ;
le corpus français Frantext – 253 millions de mots, c’est un corpus surtout littéraire, comprenant 10% de textes scientifiques et techniques ;
la collection de corpus sur le site Corpora.uni-leipzig (LC) basée sur des textes de presse et d’Internet, offrant des corpus en 252 langues, parmi lesquels :
celui en français (1,468,766,604 mots) ;
et celui en polonais (96,476,260 mots).

Le corpus Frantext et le NKJP permettent des analyses contrastives vu leurs tailles et contenus comparables. Force est de remarquer que la composante littéraire dans le premier corpus est plus grande, ce qui peut être une source potentielle d’erreur.

Les corpus LC, fournissant un autre type de données, n’autorisent pas une comparaison directe avec les résultats des corpus précédents, mais introduisent un nouveau champ d’analyse. Il faut aussi souligner un autre inconvénient - une divergence de tailles des LC FR et LC PL

Nous étudions les concordances et les collocations nominales et adverbiales les plus fortes et les plus fréquentes des trois lexèmes poli, grzeczny et uprzejmy, en prenant en considération différentes mesures d’association entre deux mots. Cela met en lumière les nuances sémantiques des adjectifs poli, grzeczny et uprzejmy en tant que mots chargés culturellement, ce qui assure une compréhension partagée, par des apprenants, de contextes et d’identités culturels différents et permet de « mieux comprendre, expliquer, commenter, interpréter et négocier divers phénomènes de la culture de la langue cible » (Iriskhanova, Röcklinsberg, Ozolina, Zaharia 2003). Ces activités constituent une médiation cognitive et culturelle par excellence.

6. Présentation de la recherche

6.1. Poli, grzeczny et uprzejmy – la représentation graphique par Leipzig Corpora Collection (LC FR, LC PL)

La première partie de notre analyse est effectuée dans une collection de corpus LC offrant des outils graphiques – cartes sémantiques – qui visualisent les collocations et des cooccurrences les plus fréquentes des mots analysés. Ces cartes se prêtent facilement à l’emploi en cours de langue puisque les apprenants peuvent les explorer en autonomie afin d’en tirer des conclusions de façon inductive. Il est pourtant à noter que les corpus LC ne sont pas lemmatisés (Goldhahn, Eckart, Quasthoff 2012) et par conséquent les cartes sémantiques ci-dessous présentent les collocatifs des adjectifs en question au masculin et au singulier. Afin d’aboutir à une analyse complète, fondée sur toutes les formes (aussi au féminin et au pluriel), il convient de lancer une analyse indépendante pour chaque forme des adjectifs poli, grzeczny et uprzejmy et finalement tirer des conclusions pour l’ensemble des résultats (voir le Tableau 3).

Dry_2_pav.png

Figure 2. Poli – collocatifs dans LC FR

Dry_3_pav.png

Figure 3. Grzeczny – collocatifs dans LC PL

Dry_4_pav.png

Figure 4. Uprzejmy – collocations dans LC PL

À partir de ces graphes et des graphes semblables pour toutes les autres formes flexionnelles des adjectifs en question (non présentées ici) nous pouvons compléter le tableau ci-dessous en calculant les fréquences relatives et en classant les collocatifs.

Tableau 3. Poli, grzeczny, uprzejmy – analyse des collocations dans LC FR et LC PL

Poli

Grzeczny

Uprzejmy

frel(poli//e/s)=4,85 classe<=14

frel(grzeczny/a/e/i)=4,42

Classe<=14

frel(uprzejmy/a/i/e)=2,91

Classe<=14

1. Sens concret – la plupart des collocations (aluminium, acier, miroir...)

2. Sens abstrait – collocations adjectivales : gentil, courtois, serviable

Un verbe : rester

Grzeczny : sens abstrait : collocations adjectivales : wrażliwy (sensible), kulturalny (cultivé), spokojny (calme), ułożony (bien élevé), miły (gentil), taki (si)

collocations adverbiales : zawsze (toujours)

Collocations nominales : urzędnik (employé), rabuś (brigand, pilleur)

Grzeczna/e : Sens abstrait : collocations nominales . : dziewczynka (fillette), dzieci (enfants), chłopcy (garçons)(sens : sage, obéissant)

Uprzejmy : sens abstrait : collocations adjectivales : uczciwy (honnête), uśmiechnięty (souriant), wesoły (joyeux), kompetentni (compétents), kulturalni (cultivés), mili (gentils), spokojna (calme), miła (gentille), przyjacielska (amicale)

Collocations nominales : ludzie (gens), pani (dame), prośba (demande), obsługa (service)

La fréquence relative (calculée sur 1 million de mots) des adjectifs poli et grzeczny est plus grande que celle de l’adjectif uprzejmy. Cela peut être dû à la polysémie des deux adjectifs que nous observons dans les figures 2, 3. Le sens abstrait de l’adjectif poli est moins fréquent ; c’est le sens concret – lisse et brillant – qui domine (8 collocatifs sur 11 dans la figure 2). Cela peut être expliqué par le caractère scientifique et technique des données des LC qui favorise l’emploi de poli dans ce sens. Ensuite, nous remarquons le manque de collocatifs nominaux de poli au sens abstrait et le manque de collocations adverbiales de tous les trois adjectifs (sauf une collocation zawsze grzeczny – fr. toujours poli). L’adjectif grzeczny est aussi polysémique, cependant ses deux sens sont abstraits. Son premier sens – obéissant, sage apparait dans les collocations avec des substantifs désignant des personnes n’ayant pas atteint l’âge mûr comme grzeczna dziewczynka (fr. fille(ette) sage), grzeczne dziecko (fr. enfant sage). Il est à noter que ces collocatifs sont visibles dans l’analyse des collocatifs de l’adjectif grzeczny au pluriel – grzeczni (polis) et grzeczne (polies) et au féminin singulier – grzeczna (polie)1. Cela indique la nécessité d’examiner toutes les formes des adjectifs en question, représentées par différentes cartes sémantiques, afin de ne pas omettre des collocatifs significatifs. Le besoin de remédier au manque de lemmatisation dans un corpus est une observation importante qui doit être transmise aux apprenants avant d’intégrer ce genre d’analyse à un cours de langue.

6.2. Collocations adverbiales

L’analyse effectuée dans les LC a révélé le manque de collocatifs adverbiaux des adjectifs poli, grzeczny et uprzejmy, ce qui nous a poussés à une autre recherche, cette fois-ci dans le corpus Frantext. Nous avons obtenu de nombreux résultats pour l’adjectif poli (2130) qui sont présentés dans l’Annexe 1 et le graphique ci-dessous. Les adverbes de manière ont été classés en quatre catégories – Positive, Négative, Neutre et Autres pour analyser la prosodie sémantique de l’adjectif poli fondée sur les collocations adverbiales. La catégorie Autres contient deux adverbes curieusement, gravement qui peuvent être interprétés comme positifs ou négatifs dépendamment du contexte.

Dry_5.pdf

Figure 5. La prosodie sémantique de l’adjectif poli

La catégorie positive, représentant des adverbes de manière comme, entre autres, parfaitement, extrêmement, soigneusement, affectueusement formant des collocations avec l’adjectif poli, est la plus signifiante. La catégorie qui nous intéresse particulièrement est la composante négative qui contient des adverbes froidement, fadement, imparfaitement, brutalement, grossièrement et d’autres. La politesse est un phénomène de bonne éducation et de culture, ce que nous avons constaté à travers l’analyse préalable des collocations nominales coordonnées du substantif politesse dans Frantext, à savoir l’esprit et la politesse, le goût et la politesse. Par conséquent, il est plus facile pour une personne cultivée – une personne d’esprit et de bon goût – d’être parfaitement polie, extrêmement polie ou soigneusement polie. On peut pourtant être excessivement poli, ce qui témoignerait soit d’un déficit de maitrise des bonnes manières, soit d’une intention maligne. La catégorie négative montre que l’on peut manifester de la politesse, paradoxalement, sans ressentir un vrai respect ni d’autres sentiments positifs envers son interlocuteur. En conséquence, on peut être froidement poli, grossièrement poli ou même malicieusement poli. Ce genre de comportement exige toujours certaines compétences intellectuelles qui permettent de recourir à la politesse en dissimulant de mauvaises intentions ou attitudes envers son interlocuteur, d’où une liaison entre un comportement poli et une activité mentale, qui dépasse en français un simple emploi de formules de politesse.

Parmi les collocatifs adverbiaux, il y a aussi de nombreux adverbes de quantité et de négation.

Tableau 4. Les collocatifs de poli – adverbes de quantité et de négation – Frantext

Adverbes de quantité et de négation + poli

+

f

-

f

f

plus

315

moins

24

aussi

23

si

154

guère

7

assez*

24

très

144

nullement

2

fort

61

point

2

trop*

56

nullement

2

tout

4

mieux

4

tellement

1

Nous passons ensuite aux collocations adverbiales des adjectifs grzeczny et uprzejmy qui sont présentées dans les tableaux suivants.

Tableau 5. Les collocatifs de grzeczny – NKJP

Adverbe + grzeczny

f

Chi^2

Connotation

Adverbes de manière + grzeczny

Uprzedzająco (poli de façon prévenante)

20

6876721

ambigüe : soit (très) positive ou
(un peu) négative

Ujmująco (de façon attachante )

6

516879

positive

Adverbes de quantité et de négation + grzeczny

Bardzo (très)

56

2185

positive

Zawsze (toujours)

14

528

Tak (si, aussi)

9

21

Tableau 6. Les collocatifs de uprzejmy - NKJP

Adverbe + uprzejmy

f

Chi^2

Adverbes de manière + uprzejmy

Przesadnie (excessivement)

6

7403,5

ambigüe : (plutôt) négative

Adverbes de quantité et de négation + uprzejmy

Zwykle (d’habitude)

5

117

positive

Zbyt (trop)

6

86

ambigüe : plutôt négative

Bardzo (très)

12

82

positive

Mało (peu)

6

68

négative

En comparant les collocations adverbiales des adjectifs poli, grzeczny et uprzejmy, nous observons une grande richesse de collocations adverbiales en français en termes de quantité et de diversité. Les comportements (verbaux et non verbaux) polis sont beaucoup plus nuancés en français qu’en polonais. En polonais, ce phénomène a une tendance « binaire », en simplifiant, soit on est poli, soit on ne l’est pas.

6.3. Collocations nominales de l’adjectif poli – Frantext

Vu que l’analyse des collocatifs de l’adjectif poli au sens abstrait dans le LC FR n’a pas fourni de substantifs, nous avons effectué une analyse dans le corpus Frantext en prenant en considération trois mesures d’association : fréquence, log-likelihood (LLR) et information mutuelle (MI), mesures fréquemment utilisées pour relever des collocations (Lin, Wu, Yu 2012, Manning, Schütze 1999). Ces trois mesures sont disponibles dans le corpus en question. Les tableaux ci-dessous contiennent les dix collocatifs dont les trois mesures d’association sont les plus fortes.

Tableau 7. Les collocatifs nominaux de poli – Frantext

NOM

f(poli)

NOM

LLR

NOM

MI

homme

128

manière

169

courtisan

3,6

manière

59

homme

156

refus

3,5

ton

59

nation

108

banalité

3,5

air

53

air

100

peuple

3,1

gens

42

refus

96

impertinence

3,1

peuple

37

gens

73

indifférence

2,9

nation

32

peuple

72

nation

2,6

sourire

29

sourire

64

accueil

2,6

mot

28

ton

63

compliment

2,5

voix

26

société

56

froideur

2,5

Parmi les collocatifs sélectionnés par la fréquence et LLR, il y a huit collocatifs communs – quatre collocatifs désignant des humains ou des ensembles d’humains : homme, gens, peuple, nation et quatre collocatifs désignant une façon de parler ou un comportement : manière, ton, air, sourire. Parmi les collocatifs les plus fréquents apparaissent aussi mot et voix ; LLR révèle encore des collocatifs société et refus. Les collocatifs sélectionnés par la fréquence et LLR sont très convergents, ce qui s’explique par le fait que LLR est une mesure applicable à des collocatifs plus fréquents (Manning, Schütze 1999). Cela constitue une observation importante pour l’apprenant qui doit savoir à quelle mesure d’association se référer dans une analyse de collocations.

Les collocatifs de poli dont la mesure MI (applicable à des collocatifs moins fréquents) est la plus haute sont les suivants – cinq substantifs dont la connotation n’est pas positive – banalité, impertinence, indifférence, refus et froideur, deux collocatifs dont la connotation est positive – accueil, compliment et trois collocatifs désignant des humains ou groupes d’êtres humains : courtisan, peuple, nation. Peuple poli et nation polie sont des collocations confirmées par trois mesures.

L’étape suivante de notre analyse était une catégorisation de toutes les collocations nominales, ce qui est représenté par le graphique ci-dessous et l’Annexe 2. Nous avons distingué six catégories : Personnes, Ensemble de personnes, Langue, Communication non verbale, Attitudes et Autres.

Dry_6.pdf

Figure 6. Catégorisation des collocations nominales de poli - Frantext

Ces résultats confirment ce que nous avons constaté en analysant les dix collocations les plus fortes (LLR) et les plus fréquentes, à savoir l’adjectif poli est principalement employé pour caractériser la communication – verbale ou non verbale et les humains ou ensembles d’humains.

Il convient de commenter la collocation intéressante de l’adjectif poli avec le substantif esprit, un mot français chargé culturellement, difficilement traduisible en polonais, qui désigne, entre autres, les facultés intellectuelles de l’homme, sa manière de penser et de se comporter (Antidote), « la substance pensante, la réalité pensante » (TLFi). Nous trouvons cette collocation dans Frantext : « le plus savant homme qui nous reste, d’un esprit très poli et judicieux », « il se trouve au milieu d’ une nation polie, éclairée, sensible, pleine d’esprit et de goût ». Un esprit poli sous-tend de nombreux comportements polis manifestés par un homme poli, dont résultent diverses collocations - un langage poli, des mots polis, un geste poli, un accueil poli et même impertinence, froideur ou indifférence polies. Parmi les collocations coordonnées du substantif politesse, que nous avons analysées dans le cadre de notre recherche focalisée sur les collocations du lexème politesse, il y a esprit et politesse (« [...] partageons aussi la loyauté, la politesse et l’esprit ! » (Renard, 1910 dans Frantext). Il parait qu’il y a une forte correspondance entre l’esprit français et la politesse française.

6.4. Collocations nominales des adjectifs grzeczny et uprzejmy – NKJP

Nous avons recherché les collocations nominales de grzeczny et uprzejmy dans le NKJP. Comme mesure d’association, nous avons employé la fréquence et Chi^2, qui est une mesure applicable à des collocatifs fréquents. Les collocatifs fréquents dont Chi^2 est haut sont marqués en rouge.

Tableau 8. Les collocatifs nominaux de grzeczny – NKJP

NOM

f(g)

sens

NOM

Chi^2 (g)

sens

Dziewczynka (fillette)

138

obéissante, sage

Dziewczynka (fillette)

201170

Obéissante, sage

Dziecko (enfant)

127

obéissant, sage

chłopiec (garçon)

28365

Obéissant, sage

Chłopiec (garçon)

79

obéissant, sage

chłopczyk (garçonnet)

17221

obéissant, sage

Człowiek (homme)

20

poli

ukłon (révérence)

11360

poli

Chłopak (gars)

17

poli

dziecko (enfant)

7381

obéissant, sage

Pan (monsieur)

17

poli

ton (un ton)

4540

poli

Słowo (mot)

16

poli

panienka (demoiselle)

4003

polie

Chłopczyk (garçonnet)

15

obéissant, sage

kawaler (jeune homme)

3613

poli

Uśmiech (sourire)

14

poli

uśmiech (sourire)

3471

poli

Ton (un ton)

13

poli

uczennica (une élève)

3376,5

obéissante

Sposób (manière)

12

poli

chłopak (gars)

2499

poli, obéissant

Tableau 9. Les collocatifs nominaux de uprzejmy – NKJP

NOM

f(uprz)

NOM

Chi^2 (uprz)

Prośba (demande)

256

Prośba (demande)

304438

Pan (monsieur)

208

Uśmiech (sourire)

31025

Pani (madame)

65

Ekspedientka (vendeuse)

6915

Uśmiech (sourire)

60

Konwersacja (conversation)

6070

Słowo (mot)

27

Pan (monsieur)

5925

Człowiek (homme)

24

Nieuwaga (manque d’attention)

4881

Głos (voix)

23

Gest (geste)

3620

Ton (un ton)

21

Mina (mine)

1789

Gest (geste)

16

Ton (un ton)

1666

Pytanie (question)

16

Ukłon (révérence)

1269

Obsługa (service)

15

Pani (madame)

1220

Vu que l’analyse des collocations nominales de grzeczny révèle une polysémie (poli vs obéissant, sage), nous avons calculé la valeur de deux composantes représentant les deux sens à base de toutes les collocations relevées.

collocations nominales de grzeczny à sens poli / toutes les collocations
nominales de grzeczny0,14
collocations nominales de grzeczny à sens obéissant, sage / toutes les collocations
nominales de grzeczny – 0,86

Les calculs montrent que l’adjectif grzeczny est beaucoup moins fréquemment employé dans le sens poli, comme dans les collocations grzeczny człowiek, grzeczny pan, grzeczny ukłon, grzeczne słow(a), grzeczny ton (homme poli, monsieur poli, révérence polie, mot poli, ton poli) ; la plupart des emplois concernent le sens obéissant, sage qui est plus probable dans les collocations grzeczna dziewczynka, panienka, uczennica, grzeczne dziecko (fillette, demoiselle (une) élève polie, enfant poli). Quant à la collocation grzeczny chłopak, l’adjectif grzeczny peut avoir l’un des deux sens – poli ou obéissant, sage.

L’étape suivante était la catégorisation selon les mêmes catégories que nous avons distinguées pour les collocations nominales de poli et la comparaison des résultats de la catégorisation dans les figures 6 et 7. Les résultats détaillés de la catégorisation sont présentés dans l’Annexe 3.

Dry_7.pdf

Figure 7. Les catégories des collocations nominales de grzeczny et uprzejmy

En observant les graphiques représentant toutes les catégories des collocations nominales, nous remarquons d’abord l’absence de le catégorie Ensemble de personnes des adjectifs polonais. En français, pourtant, cette catégorie existe, à savoir on parle d’une nation polie ou d’un peuple poli. Ensuite, l’adjectif grzeczny est caractérisé par la domination très forte de la catégorie : Personnes. Puis, on note une convergence entre poli et uprzejmy – catégories : Personnes, Langue et Communication non verbale étant très proches dans les deux cas. Nous avons estimé cette convergence mathématiquement par le coefficient de corrélation linéaire et il est effectivement plus grand pour poli et uprzejmy (0,8), ce qui est montré par les calculs ci-dessous.

Coefficient de corrélation linéaire (grzecz vs poli, nom) – 0.6
Coefficient de corrélation linéaire (uprz vs poli, nom) – 0.8
Coefficient de corrélation linéaire (uprz vs grzeczny, nom) – 0.59

Ajoutons que des estimations semblables effectuées pour les collocations du substantif politesse ont indiqué une relation opposée, une ressemblance plus grande entre les collocations des substantifs politesse et grzeczność (0,86), ce que nous pouvons voir dans les calculs suivants :

Coefficient de corrélation linéaire grzeczność vs politesse 0.86
Coefficient de corrélation linéaire uprzejmość vs politesse0.52
Coefficient de corrélation linéaire grzeczność vs uprzejmość0.57

Le calcul des coefficients de corrélation montre que l’adjectif uprzejmy et la composante abstraite de l’adjectif poli sont plus proches sémantiquement que les adjectifs poli et grzeczny, ce qui peut être expliqué par la polysémie de ce dernier. Par contre, le calcul des coefficients de corrélation effectué pour politesse indique une plus grande ressemblance entre les noms politesse et grzeczność en ce qui concerne les collocations coordonnées nominales.

7. Conclusion

Le point de départ de notre analyse était la médiation cognitive et culturelle en didactique des langues et cultures définie comme réduction de distance entre l’étudiant et de nouvelles connaissances et savoirs interculturels. L’apprenant, surtout dans le cadre philologique, peut être formé à la médiation cognitive et culturelle par le développement de la compétence lexicale à travers une analyse de corpus, fournissant un matériel lexical riche et des outils d’analyse pour une exploration autonome ou guidée par l’enseignant dans le cadre de l’enseignement / apprentissage du français. Afin d’effectuer une analyse de corpus, l’apprenant doit être premièrement doté d’un savoir sur le caractère des phénomènes linguistiques qu’il peut explorer à travers le corpus, notamment les collocations et la fréquence des lexèmes en question, et deuxièmement il nécessite de connaitre le rôle des mesures d’association offertes par des corpus. Les résultats d’une analyse de corpus peuvent pallier le manque de ressources dans les méthodes de français.

L’analyse de corpus des adjectifs poli, grzeczny et uprzejmy a permis de formuler quelques conclusions. Premièrement, il existe une grande richesse des collocations adverbiales de poli. On observe une composante négative, mais c’est la composante positive qui est dominante. En polonais le fait d’être grzecznym ou uprzejmym est beaucoup moins nuancé, voire presque « binaire », vu la présence très faible des collocatifs adverbiaux.

Deuxièmement, la catégorisation des collocations nominales a montré le manque de catégories Ensembles de personnes et Attitude en polonais. En français, ces catégories sont bien représentées par des collocations comme nation polie, peuple poli, indifférence polie, froideur polie, impertinence polie.

Troisièmement, on observe une convergence entre poli et uprzejmy – composantes : Personnes et Langue et Communication non verbales proches dans les deux cas, ce qui est confirmé par le coefficient de corrélation linéaire 0,8 qui désigne une corrélation forte entre les deux lexèmes.

Parmi les collocations nominales de poli, il y a une collocation très significative, quoique peu fréquente, esprit poli qui, à notre sens, permet aussi de mieux appréhender le phénomène de politesse française. L’esprit français, poli par l’éducation et la culture, est au fond de nombreux comportements polis manifestés par des gens polis. C’est l’esprit français qui ferait de la politesse française un art de vivre; or la politesse polonaise serait un savoir-vivre. Il est cependant crucial que l’apprenant aboutisse à cette conclusion lui-même, par exemple à travers des méandres d’une analyse de corpus, puisque c’est une activité mentale effectuée pendant cette analyse qui permet de développer la compétence de médiation culturelle.

Abréviations

DLC – la didactique des langues et cultures

f – le nombre d’occurrences d’un mot dans un corpus

LC – Leipzig Corpora Collection

LC FR – Leipzig Corpora Collection – Corpus Français

LC PL – Leipzig Corpora Collection – Corpus Polonais

NKJP – le Corpus national de la langue polonaise

TLFi – Trésor de la Langue Française informatisé

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DeepL. https://www.deepl.com/translator

Frantext, Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF). https://www.frantext.fr/

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Google NgramViewer https://books.google.com/ngrams

Google Traduction. https://translate.google.com/?hl=fr&sl=fr&tl=pl&op=translate

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Lingua Dit.com. https://www.dict.com/francusko-polski

Microsoft Bing Traducteur. https://www.bing.com/translator

NKJP Narodowy Korpus Języka Polskiego. http://nkjp.pl/

Pons Dictionnaire en ligne. https://fr.pons.com/traduction/fran%C3%A7ais-polonais/poli

ReversoTraduction. https://www.reverso.net/text_translation.aspx?lang=FR

Sensagent. http://traduction.sensagent.com/traducteur/fr-pl/

TLfi Trésor de la Langue Française informatisé. http://atilf.atilf.fr/

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Tarpkultūriškumas kalbos pamokoje ruošiant kultūros mediatorius: būdvardžio „mandagus“ vartosenos prancūzų ir lenkų kalbų tekstynuose analizė

Agnieszka Dryjańska
Varšuvos universitetas

Santrauka

Mūsų tyrimo tikslas - mandagumo sąvokos analizė. Nagrinėjant būdvardžio mandagus ir jo lenkiškų atitikmenų – kultūrinį krūvį turinčių žodžių grzeczny ir uprzejmy – leksines kombinacijas, siekiame patvirtinti ir išplėsti savo ankstesnių daiktavardžio mandagumas tyrimų išvadas. Tai lingvodidaktinis tyrimas, atliktas pagal lingvistinį metodą, pagrįstą tekstynų analize, kurią siekiama integruoti į kalbų ir kultūrų didaktiką. Tyrimo pagrindas – trys tekstynai : prancūzų kalbos tekstynas „Frantext“, Nacionalinis lenkų kalbos tekstynas (NKJP) ir „Leipzig Corpora Collection“. Vykdydami analizę, kreipėme dėmesį į trijų analizuotų žodžių vartojimo dažnumą, tyrėme dažniausiai randamus konkordansus ir kolokacijas, atsižvelgdami į skirtingus dviejų greta vartojamų žodžių asociavimo būdus. Taip pat tiriame tekstynuose aptinkamus retus žodžių junginius, stengdamiesi išsiaiškinti prancūzų mandagumo raiškos specifiką ir ją palyginti su mandagumo raiška lenkų kalboje. Šios kalbinės analizės rezultatus integruojant į didaktinį procesą, galima atskleisti semantines leksemų poli, grzeczny ir uprzejmy subtilybes, paaiškinti, kodėl neįmanoma lengvai jų išversti, ir parodyti, kad mokantis svetimosios kalbos galima suprasti kultūrinius skirtumus. Tai padeda plėtoti tarpkultūrinę prieigą, taikomą kalbų bei kultūrų didaktikoje ir kultūros mediatorių mokymo programoje.
Raktažodžiai: mandagus; mandagumas; tarpkultūrinė prieiga; kultūros mediatorius; tekstynų analizė; semantinė analizė; kolokacijos

Soumis le 16.01.2021

______

Annexes

Annexe 1

Les collocatifs de poli – adverbes de manière – Frantext

Adverbes de manière + poli

Positifs

f

Négatifs

f

Neutres

f

Autres

bien

46

mal

22

juste

2

curieusement

parfaitement

24

froidement

6

strictement

2

gravement

extrêmement

9

fadement

2

ordinairement

1

excessivement

7

imparfaitement

2

simplement

1

soigneusement

4

brutalement

1

affectueusement

2

grossièrement

1

constamment

2

ironiquement

1

vachement

2

malicieusement

1

visiblement

2

sèchement

1

vraiment

2

tristement

1

admirablement

1

continuellement

1

judicieusement

1

merveilleusement

1

réellement

1

Annexe 2

Catégorisation des collocations nominales de poli - Frantext2

Personnes
(f =225)

Ensemble de personnes
(f=120)

Langue
(f=231)

Communication non verbale
(f=207)

Attitude
(f=16)

Autres
(f=38)

homme(s)

monde

ton

sourire

indifférence

esprit

gens

nation

mot

geste

froideur

siècle

monsieur

peuple

voix

silence

impertinence

accueil

personne(s)

société

refus

manière(s)*

écrivain

parole

air

courtisan

langue

forme*

enfant (s)

terme

façon*

fille

langage

style

phrase

compliment

formule

tournure*

acquiescement

banalité

Annexe 3

La catégorisation des collocations nominales de grzeczny et uprzejmy – NKJP

Uprzejmy

Grzeczny

Personnes

f(u)=352

Langue

f(u)=363

Communication non verbale

f(u)=152

Attitude

f(u)=17

Personnes

f(u)=486

Langue

f(u)=56

Communication non verbale

f(u)=53

Autres

f(u)=5

pan

prośba

uśmiech

zainteresowanie

dziewczynka

słowo

uśmiech

zachowanie

pani

słowo

głos

nieuwaga

dziecko

odpowiedź

ton

człowiek

pytanie

ton

chłopiec

pytanie

ukłon

minister

uwaga*

gest

człowiek

zapytanie

gest

osoba

list

wyraz*

chłopak

prośba

sposób

ekspedientka

zgoda

mina

pan

rozmowa

kierowca

zapytanie

ukłon

chłopczyk

list

gość

rozmowa

sposób

uczeń

pracownik

wymiana

panienka

ludzie

konwersacja

uczennica

odpowiedź

panna

ludzie

kobieta

pani

córeczka

kawaler

młodzieniec

1 Comme nous l’avons mentionné, nous n’avons pas présenté tous ces graphes, mais nous les avons inclus dans l’analyse dont les résultats sont présentés dans le tableau 3.

2 Dans les Annexes 2 et 3, les substantifs marqués par un astérisque peuvent être aussi utilisés dans des contextes autres que ceux désignés par les catégories analysées.